Le pays recense plus de soixante-dix cérémonies traditionnelles, la plupart liées aux saisons, aux récoltes ou à la mémoire d'une migration fondatrice. Chacune réunit un chef, sa cour et des milliers de participants autour de danses, de chants et de processions. Ces rassemblements se concentrent entre février et octobre et constituent le moment le plus accessible pour observer les pratiques rituelles dans leur cadre d'origine.
La cérémonie la plus connue marque le départ du Litunga, souverain lozi, de sa résidence de Lealui vers la localité de Limulunga, sur les hautes terres, lorsque la crue du Zambèze submerge la plaine. Le roi embarque sur la Nalikwanda, barge peinte de noir et de blanc surmontée d'un grand éléphant, propulsée par des dizaines de pagayeurs. Il revêt au cours de la traversée un uniforme d'amiral britannique offert au début du vingtième siècle. La date dépend de la hauteur des eaux et se situe le plus souvent entre février et avril.
Dans la province de l'Est, autour de Chipata, les Ngoni célèbrent à la fin du mois de février la fête des prémices. Le chef suprême Mpezeni goûte les premiers produits de la récolte au nom de son peuple, entouré de guerriers en peaux de bête qui exécutent des danses héritées des origines sud-africaines du groupe.
Chez les Lunda de la Luapula, l'Umutomboko rappelle à la fin du mois de juillet la conquête du territoire par les ancêtres du Mwata Kazembe, qui exécute lui-même la danse de la victoire. Le Likumbi Lya Mize réunit les Luvale du Nord-Ouest autour de la résidence du chef Ndungu au mois d'août. Dans le Sud, le Lwiindi honore les esprits liés à la pluie, tandis que les Ila se rassemblent à Maala pour le Shimunenga au moment de la pleine lune.
Les mascarades makishi closent le mukanda, retraite initiatique qui éloigne pendant plusieurs semaines les garçons luvale, chokwe, luchazi et mbunda du Nord-Ouest et de l'Ouest. Chaque masque incarne un esprit ancestral doté d'un caractère propre. L'UNESCO a inscrit cette pratique sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel, de même que le Gule Wamkulu des Chewa, partagé avec le Malawi et le Mozambique.
Le mariage s'accompagne d'une série d'étapes, depuis la négociation de la compensation matrimoniale jusqu'au matebeto, repas préparé par la famille de la mariée pour honorer celle du marié, en passant par la kitchen party qui rassemble les femmes autour des cadeaux d'installation. Les funérailles suivent un protocole précis de veillée, de contributions collectives et de deuil, qui traverse toutes les catégories sociales.