La musique zambienne

Instruments et répertoires traditionnels

Les tambours ngoma accompagnent les danses de cour, les rites d'initiation et les fêtes villageoises dans presque tout le pays. Le silimba, xylophone à résonateurs de calebasse, appartient au répertoire lozi de la province de l'Ouest. Les lamellophones portent des noms différents selon les régions, kankobela chez les Tonga et kangombio chez les Lozi. Ces ensembles reposent sur des polyrythmies serrées et sur l'alternance entre un soliste et un choeur.

Zamrock et guitares du Copperbelt

Au début des années 1970, la jeunesse des villes minières s'approprie la guitare électrique et le rock psychédélique. Le groupe WITCH, mené par Emmanuel Jagari Chanda, ainsi que Musi-O-Tunya, Rikki Ililonga, Paul Ngozi et Amanaz forment le noyau d'un courant que l'on nommera plus tard zamrock, chanté en anglais et nourri de motifs locaux. La crise économique et l'épidémie de sida des années 1980 dispersent cette scène, redécouverte depuis par des rééditions internationales.

Kalindula et contenu national

Une directive prise sous la présidence de Kenneth Kaunda impose au milieu des années 1970 une très forte proportion de musique zambienne sur les ondes. Cette contrainte stimule la création plus qu'elle ne ravive le folklore et débouche, au milieu des années 1980, sur le kalindula, style dansant bâti sur une ligne de basse insistante et sur des guitares parfois fabriquées à la main. Amayenge, le Masasu Band, les Junior Mulemena Boys et Serenje Kalindula en demeurent les références.

Gospel et scène urbaine

Le chant choral des Églises occupe une place centrale dans la vie quotidienne et le gospel figure parmi les genres les plus écoutés. Depuis les années 2000, le hip-hop, le dancehall et les rythmes afrobeats dominent les radios commerciales avec des artistes comme K'Millian, Macky 2, Chef 187 ou Yo Maps. Les Ngoma Awards récompensent chaque année les principales productions nationales.

Diffusion et pratique

Les stations privées apparues après la libéralisation des ondes assurent l'essentiel de la diffusion, aux côtés de la radio publique. Les concerts se concentrent à Lusaka et sur le Copperbelt, où les salles et les bars accueillent la plupart des tournées. Les cérémonies traditionnelles offrent pour leur part l'occasion d'entendre chaque année des ensembles de tambours et de danseurs dans leur contexte d'origine.