La devise adoptée à l'indépendance, One Zambia One Nation, résume un projet politique qui visait à contenir les rivalités entre les nombreux groupes du pays. Cette référence demeure très présente dans le discours public et dans la façon dont les Zambiens se présentent aux étrangers. Les relations de plaisanterie entre certains groupes, qui autorisent des moqueries rituelles sans conséquence, contribuent depuis longtemps à désamorcer les tensions.
La grande majorité de la population se déclare chrétienne, entre catholicisme, protestantisme historique et Églises pentecôtistes en forte croissance. Le préambule constitutionnel proclame la Zambie nation chrétienne depuis le début des années 1990. Les cultes rythment le dimanche, structurent des réseaux d'entraide et pèsent sur les débats de société. Des minorités musulmane, hindoue et bahaïe vivent principalement dans les villes.
La solidarité s'exerce dans un cercle bien plus large que le foyer restreint. Un salarié urbain soutient fréquemment des parents, des neveux ou des cousins restés au village, et cette redistribution constitue une charge budgétaire réelle. Les funérailles mobilisent la parenté et le voisinage pendant plusieurs jours, et une absence à la veillée se remarque. Selon les régions, la filiation se compte par la mère, comme chez les Bemba, ou par le père, comme chez les Ngoni, ce qui modifie les règles d'héritage et de résidence.
L'âge et le statut déterminent le ton d'une conversation, l'ordre des prises de parole et la forme des salutations. Les chefs traditionnels conservent une autorité effective sur les terres coutumières, qui couvrent une grande partie du territoire, et une chambre des chefs les représente au niveau national. Cette légitimité coexiste avec les institutions élues sans se confondre avec elles.
L'économie informelle occupe une part majoritaire des actifs, ce qui favorise la pluriactivité et une grande capacité d'adaptation. La discrétion, la patience et la maîtrise de soi comptent parmi les qualités valorisées, et l'ostentation suscite plutôt la réserve. Le pays tire par ailleurs une fierté particulière de sa stabilité politique et de ses alternances sans violence, souvent citées comme un trait distinctif dans la région.