Peuples, langues et minorités

Mosaïque bantoue

La Zambie réunit environ soixante-douze groupes ethniques, tous de langue bantoue, sans qu'aucun n'atteigne la majorité absolue. Les Bemba du nord et de la Copperbelt représentent près d'un quart de la population, suivis des Tonga du sud, des Chewa de l'est et des Lozi de l'ouest. Viennent ensuite les Ngoni, les Lunda, les Luvale, les Kaonde, les Mambwe, les Namwanga et les Tumbuka, ainsi qu'une longue série de communautés plus réduites. Cette absence de groupe dominant a favorisé une vie politique où les alliances régionales comptent davantage que les affrontements identitaires.

Politique linguistique

L'anglais demeure la seule langue officielle et la langue de l'administration, de la justice et de l'enseignement secondaire. Sept langues bénéficient toutefois d'un statut de langue nationale reconnue et servent à l'alphabétisation, à la radio publique et à l'enseignement primaire, le bemba, le nyanja, le tonga, le lozi, le lunda, le luvale et le kaonde. Le bemba et le nyanja jouent en outre le rôle de langues véhiculaires urbaines, le second dominant à Lusaka et le premier sur la Copperbelt.

Communautés marginalisées

Les Batwa des marais du Bangweulu forment la minorité la plus fragile du pays. Population de pêcheurs et de chasseurs installée dans les zones inondables de la province de Luapula, elle subit un accès très limité aux services publics, à la terre et à l'état civil, et se trouve régulièrement affectée par les restrictions liées aux aires protégées. Plusieurs groupes de l'ouest et du nord-ouest connaissent également un enclavement qui les tient à l'écart des dynamiques économiques nationales.

Minorités allogènes et réfugiés

Une communauté d'origine indienne, présente depuis la période coloniale, occupe une place notable dans le commerce et l'industrie de transformation. S'y ajoutent une petite communauté d'origine européenne, active dans l'agriculture commerciale et le tourisme, et un ensemble d'entrepreneurs chinois arrivés avec les investissements miniers et le bâtiment. La Zambie accueille par ailleurs depuis des décennies des réfugiés venus d'Angola, de République démocratique du Congo, du Burundi et du Rwanda, regroupés notamment dans les installations de Meheba et de Mayukwayukwa, parmi les plus anciennes du continent. Une politique d'intégration locale a permis à une partie d'entre eux d'obtenir un titre de séjour durable.